On this blog, European tobacco growers show that, behind a cosmetic subsidies' reform which will have no impact on public health, the future livelihoods of thousands of men and women working in the agriculture and first processing are jeopardized
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Les Echos (France / 30.09.08): 'Les planteurs européens de tabac craignent d'être rayés de la carte'
Tuesday September 30, 2008
La réforme de la PAC a provoqué l'effondrement de la production de tabac en Grèce. Les professionnels de ce secteur réclament une renégociation pour éviter que les autres pays membres ne connaissent le même sort.
L'avenir des planteurs européens de tabac se joue en partie aujourd'hui à Bruxelles. En un an, la production européenne a chuté de 100.000 tonnes. Un tiers des surfaces a été abandonné par les planteurs de plusieurs pays membres : c'est en Grèce que l'effondrement a été le plus impressionnant avec un recul de 80 % des volumes, si bien que ce pays a rétrogradé du deuxième au quatrième rang des producteurs dans l'Europe à 27. Mais les baisses sont importantes aussi en Italie, en Espagne et en France (- 30 %). Des régions (Pouilles), voire des pays (Autriche, Chypre, Slovaquie) ont été rayés de la carte de la production européenne, victimes du nouveau règlement adopté en 2004 dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC), selon les planteurs.
La nouvelle politique permet, selon le principe du découplage, de toucher un forfait d'aide à l'hectare sans nécessairement produire pour autant. Très artisanale, la culture du tabac requiert une main-d'oeuvre abondante. « Les planteurs ont vite compris l'intérêt de toucher des aides sans produire, d'autant que les charges salariales sont très élevées », explique l'Unitab (Union internationale des planteurs de tabac).
La situation va probablement se dégrader encore en Europe avec la mise en oeuvre du deuxième volet de la réforme en 2010. A cette date, le découplage sera obligatoire à 100 %, alors qu'il ne l'était qu'à 40 % jusqu'à présent. Les planteurs veulent éviter à tout prix de voir se généraliser à l'ensemble de l'Europe le scénario de la Grèce, qui a fait le choix d'un découplage à 100 % dès le début. Ils ont entamé un travail de lobbying acharné auprès des instances bruxelloises pour obtenir une remise en cause du nouveau règlement, ou à défaut, un délai de trois ans jusqu'en 2013 pour le passage au découplage obligatoire.
Les producteurs veulent obtenir une nouvelle proposition de la Commission, qui permettrait de réengager des discussions entre les ministres de l'Agriculture au sein du Conseil. Ils misent sur les interventions des ministres des pays producteurs au Conseil qui se tient aujourd'hui pour remettre le tabac au rang des priorités dans le bilan de santé de la PAC avant la dernière rencontre ministérielle sur le sujet les 17 et 18 novembre.
L'argument de la nocivité
A ce stade, la Commission européenne et notamment la commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, ne veut rien entendre, arguant que la décision a été adoptée par les Etats membres. Les pays du Nord se rangent à son avis. Ils ne produisent pas de tabac et sont uniquement sensibles à l'argument de la nocivité et des risques encourus par les fumeurs. La Commission fait en outre valoir que la production européenne n'est pas compétitive. Pire, certains de ses tabacs ne correspondent pas aux qualités demandées sur le marché mondial.
« La consommation très élevée de tabac en Grèce » s'est maintenue malgré l'effondrement de la production dans ce pays, plaide la filière. L'argument de défense de la santé avancé par la Commission pour justifier son règlement en 2004 ne tiendrait donc pas. En outre, la plupart des régions menacées n'ont pas de culture alternative sur les terres où cesserait la culture du tabac. Les sols sont généralement trop pauvres pour envisager une reconversion.
L'Union fournit 4 % de la production dans le monde
L'Union européenne ne produit que 4 % du tabac mondial et importe 70 % de sa consommation. Elle a du mal à rivaliser avec les pays émergents en raison des différences de salaires. Très largement artisanale et faiblement mécanisée, la culture du tabac requiert une main-d'oeuvre abondante. Deux fois plus que le riz et cent fois plus que le maïs. Plutôt rustique, le tabac s'est développé à 80 % dans des régions considérées comme économiquement défavorisées par la Commission européenne, où il fait figure d'atout pour l'emploi et contribue à l'aménagement du territoire. Il reçoit 2 % des aides agricoles directes communautaires, soit 800 millions d'euros par an. Généralement spécialisées, les exploitations sont très petites et ne couvrent en moyenne guère plus de 2,5 à 3 hectares. Le tabac représente 3 % du coût final d'une cigarette pour le consommateur au tarif français.
L'avenir des planteurs européens de tabac se joue en partie aujourd'hui à Bruxelles. En un an, la production européenne a chuté de 100.000 tonnes. Un tiers des surfaces a été abandonné par les planteurs de plusieurs pays membres : c'est en Grèce que l'effondrement a été le plus impressionnant avec un recul de 80 % des volumes, si bien que ce pays a rétrogradé du deuxième au quatrième rang des producteurs dans l'Europe à 27. Mais les baisses sont importantes aussi en Italie, en Espagne et en France (- 30 %). Des régions (Pouilles), voire des pays (Autriche, Chypre, Slovaquie) ont été rayés de la carte de la production européenne, victimes du nouveau règlement adopté en 2004 dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC), selon les planteurs.
La nouvelle politique permet, selon le principe du découplage, de toucher un forfait d'aide à l'hectare sans nécessairement produire pour autant. Très artisanale, la culture du tabac requiert une main-d'oeuvre abondante. « Les planteurs ont vite compris l'intérêt de toucher des aides sans produire, d'autant que les charges salariales sont très élevées », explique l'Unitab (Union internationale des planteurs de tabac).
La situation va probablement se dégrader encore en Europe avec la mise en oeuvre du deuxième volet de la réforme en 2010. A cette date, le découplage sera obligatoire à 100 %, alors qu'il ne l'était qu'à 40 % jusqu'à présent. Les planteurs veulent éviter à tout prix de voir se généraliser à l'ensemble de l'Europe le scénario de la Grèce, qui a fait le choix d'un découplage à 100 % dès le début. Ils ont entamé un travail de lobbying acharné auprès des instances bruxelloises pour obtenir une remise en cause du nouveau règlement, ou à défaut, un délai de trois ans jusqu'en 2013 pour le passage au découplage obligatoire.
Les producteurs veulent obtenir une nouvelle proposition de la Commission, qui permettrait de réengager des discussions entre les ministres de l'Agriculture au sein du Conseil. Ils misent sur les interventions des ministres des pays producteurs au Conseil qui se tient aujourd'hui pour remettre le tabac au rang des priorités dans le bilan de santé de la PAC avant la dernière rencontre ministérielle sur le sujet les 17 et 18 novembre.
L'argument de la nocivité
A ce stade, la Commission européenne et notamment la commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, ne veut rien entendre, arguant que la décision a été adoptée par les Etats membres. Les pays du Nord se rangent à son avis. Ils ne produisent pas de tabac et sont uniquement sensibles à l'argument de la nocivité et des risques encourus par les fumeurs. La Commission fait en outre valoir que la production européenne n'est pas compétitive. Pire, certains de ses tabacs ne correspondent pas aux qualités demandées sur le marché mondial.
« La consommation très élevée de tabac en Grèce » s'est maintenue malgré l'effondrement de la production dans ce pays, plaide la filière. L'argument de défense de la santé avancé par la Commission pour justifier son règlement en 2004 ne tiendrait donc pas. En outre, la plupart des régions menacées n'ont pas de culture alternative sur les terres où cesserait la culture du tabac. Les sols sont généralement trop pauvres pour envisager une reconversion.
L'Union fournit 4 % de la production dans le monde
L'Union européenne ne produit que 4 % du tabac mondial et importe 70 % de sa consommation. Elle a du mal à rivaliser avec les pays émergents en raison des différences de salaires. Très largement artisanale et faiblement mécanisée, la culture du tabac requiert une main-d'oeuvre abondante. Deux fois plus que le riz et cent fois plus que le maïs. Plutôt rustique, le tabac s'est développé à 80 % dans des régions considérées comme économiquement défavorisées par la Commission européenne, où il fait figure d'atout pour l'emploi et contribue à l'aménagement du territoire. Il reçoit 2 % des aides agricoles directes communautaires, soit 800 millions d'euros par an. Généralement spécialisées, les exploitations sont très petites et ne couvrent en moyenne guère plus de 2,5 à 3 hectares. Le tabac représente 3 % du coût final d'une cigarette pour le consommateur au tarif français.
Gaëtan R
Posted by Gaëtan R, on Tuesday September 30, 2008 at 11:13
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e mail : unitab@wanadoo.fr
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